« La vraie violence, c’est le viol, les coups. Pas une blague un peu potache. »
« Ça vaaa c’est une blague, c’est pas une violence. Il ne l’a pas frappée ou violée ! Faut se calmer ! »
Qui n’a jamais entendu ou même pensé ça ? On a tous et toutes été élevé·es dans l’idée que les violences, ce sont des actes graves, visibles, incontestables. Des gestes qui laissent des traces visibles. Des faits divers. Des affaires criminelles.
Pas une remarque sur la tenue de la nouvelle collègue. Pas un « elle est mignonne, la remplaçante » glissé entre collègues. Pas un « c’est pas vraiment un métier de femme » murmuré après une réunion.
Et pourtant. Ce que les recherches en sciences sociales, le droit français et des décennies de travail de terrain nous disent, c’est que toutes ces choses font partie du même système, qu’elles ne sont pas anodines, qu’elles ne sont pas séparées. Et que c’est précisément parce qu’on laisse passer les petites choses que les grandes deviennent possibles.
Je ne vais pas pointer de coupables, ici. En revanche, je vais parler du système dans lequel nous sommes toutes et tous pris·es, et auquel nous contribuons toutes et tous, par nos actes comme par nos silences. Ce que je voudrais faire changer, c’est la place qu’on occupe dans ce système, et ce qu’on peut en faire. Autrement dit : mon propos ici n’est pas « qui agresse qui », mais « qui fait quoi quand ça se passe ? ».
La pyramide des violences sexistes et sexuelles (VSS) est l’outil qui permet de voir comment ce système fonctionne. Comment le sexisme ordinaire du quotidien (les blagues, les sous-entendus, les stéréotypes) prépare le terrain aux violences les plus évidentes à repérer. Et pourquoi, si on veut vraiment lutter contre le harcèlement et les agressions, c’est à la base qu’il faut commencer à travailler.
La pyramide des violences : un outil pour voir ce qu’on préfère ignorer
Vous avez peut-être déjà croisé ce schéma en formation, sur les réseaux sociaux ou dans un document de sensibilisation. Une pyramide (ou parfois un iceberg), divisée en niveaux, avec au bas les comportements les plus courants et au sommet (ou sous la surface) les actes les plus graves. Les représentations varient, mais l’idée de fond, elle, ne change pas.
Le continuum des violences : une théorie vieille de quarante ans
Cet outil s’appuie sur les travaux de Liz Kelly, sociologue britannique qui, dès 1984, a développé la notion de continuum des violences : l’idée que le sexisme ordinaire et les violences les plus graves ne sont pas deux réalités séparées, mais les deux extrémités d’un même spectre.
Les agissements sexistes, les discriminations et les violences sexuelles forment un ensemble qui fonctionne de façon interdépendante : ils ne sont pas une somme de faits divers, mais le reflet de rapports sociaux de pouvoir qui structurent notre société (et notamment les rapports de genre).
Ce que cet outil montre, c’est quelque chose de dérangeant mais d’essentiel : les violences sexistes et sexuelles ne sont pas une succession d’incidents isolés. On a souvent tendance à les voir comme des anomalies : l’histoire d’une personne mal intentionnée dans un contexte particulier. Une blague de trop. Un collègue problématique. Une situation exceptionnelle.
Ce cadre de lecture est confortable. Il est aussi faux.
Les VSS sont un fait social, qui se manifeste à des degrés divers, tout le temps, partout (y compris au travail). La pyramide ne sert pas à hiérarchiser les souffrances ou à décider ce qui est « vraiment grave ». Elle sert à montrer comment les choses s’enchaînent.
Pourquoi la base alimente le sommet : la théorie de la vitre brisée
Il y a un mécanisme bien connu en urbanisme et en criminologie qu’on appelle la théorie de la vitre brisée : quand on laisse une vitre cassée sans la réparer, cela envoie un signal que personne ne surveille, que les règles ne s’appliquent pas vraiment ici, que les dégradations sont acceptées. D’autres vitres sont cassées. Le désordre s’installe. Appliquée au sexisme, cette théorie est redoutablement juste : tolérer les micro-agressions, c’est envoyer le signal que les comportements plus graves seront, eux aussi, tolérés.
C’est ce qui se passe dans un environnement de travail où les blagues sexistes font rire (ou du moins, où personne ne réagit). Où les femmes sont systématiquement interrompues sans que ça ne choque personne. Où « il est comme ça » est une explication suffisante. Ce climat ne reste pas confiné aux blagues. Il déborde.
Et c’est précisément pour ça que travailler sur les actes du quotidien n’est pas une question de confort ou de politiquement correct. C’est de la prévention. Efficace, concrète, indispensable.
Dit autrement : plus facile de saper la base que de rattraper au sommet.
De la base au sommet : ce que contient chaque étage
Parcourons maintenant la pyramide, pour que vous puissiez reconnaître ce que vous avez peut-être déjà vécu, observé ou laissé passer sans trop savoir pourquoi ça vous avait mis mal à l’aise.
Le socle : le sexisme ordinaire
C’est l’étage le plus large, le plus fréquent, et de loin le plus invisible. Selon le Haut Conseil à l’Égalité (rapport 2026), le sexisme se manifeste sous trois formes qui coexistent et se renforcent mutuellement.
Le sexisme ordinaire (ou masqué) : blagues potaches, sous-entendus, surnoms affectueux non sollicités, remarques sur le physique ou les compétences. Ce sont les petites choses dont on dit qu’elles ne sont « pas méchantes ». Sauf que leurs effets, eux, le sont.
Le sexisme hostile : dévalorisation explicite, méfiance envers les femmes, commentaires qui nient leur légitimité. « Elle ne tiendra pas le coup dans ce poste. » « C’est pas vraiment un métier de femme. » Les interpellations de groupe qui désignent un service majoritairement féminin comme un « poulailler ».
Le sexisme faussement bienveillant, aussi appelé paternaliste : celui-là est particulièrement insidieux parce qu’il se présente comme un compliment ou une protection. « Je te laisse accueillir les invité·es, les femmes sont plus chaleureuses. » « Ça fait plaisir d’avoir une collègue féminine qui prend soin d’elle. » Sous couvert de gentillesse, il enferme les femmes dans des rôles stéréotypés de fragilité, de douceur, de soin.
Ces trois formes ont en commun de paraître anodines prises isolément. Et c’est précisément ce qui les rend si efficaces : elles créent un climat, pierre après pierre, sans que personne ne puisse pointer un moment précis où « ça a dérapé ».
Les niveaux intermédiaires : agissements sexistes, outrage, harcèlement
On monte d’un cran. Ici, on entre dans le champ du droit, et c’est important de le dire clairement : ces comportements sont punis par la loi, quelle que soit l’intention de leur auteur ou autrice.
L’agissement sexiste (article L.1142-2-1 du Code du travail) désigne tout comportement lié au sexe d’une personne qui porte atteinte à sa dignité ou crée un environnement intimidant, hostile, dégradant ou humiliant.
Une remarque répétée sur la tenue ; des interruptions systématiques en réunion ; ne jamais adresser les questions stratégiques aux femmes de l’équipe : C’est un délit.
L’outrage sexiste (article 222-33-1-1 du Code pénal) est l’équivalent hors du travail. Même définition, même gravité.
Le harcèlement sexuel (article 222-33 du Code pénal) implique la répétition (à partir de deux faits, quel que soit le délai entre eux) de propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste. Il peut aussi prendre une forme dite « environnementale » ou « d’ambiance » : quand le climat général de l’équipe est saturé de blagues, de références, de commentaires qui dégradent les personnes en raison de leur genre, même sans cibler quelqu’un en particulier.
Ce qui réunit ces comportements : on les minimise souvent (« il est comme ça », « elle n’a pas d’humour », « c’est la culture du milieu »). Mais la loi, elle, ne minimise pas.
Le sommet : agressions sexuelles et crimes
Si vous avez vécu des violences sexuelles et que vous souhaitez en parler, le 3919 (numéro national, gratuit, disponible 7 j/7) est là pour vous écouter et vous orienter.
En haut de la pyramide se trouvent les actes les plus graves du point de vue pénal : les agressions sexuelles, le viol, le féminicide. Ce sont ceux dont on parle le plus dans les médias. Ceux qu’on reconnaît le plus facilement comme des « vraies violences ».
En France, en moyenne 94 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année. 170 féminicides ont été enregistrés en 2025. Ces chiffres sont massifs. Et ils ne surgissent pas du néant : ils poussent dans le terreau de tout ce qui se trouve en dessous dans la pyramide, c’est-à-dire les comportements normalisés, banalisés, tolérés.
Ce sommet ne se comprend pas sans sa base. C’est le message central de la pyramide des violences.
Et si on n’est pas « juste une femme » : quand les violences se croisent
Jusqu’ici, on a parlé des violences sexistes et sexuelles comme d’un système qui touche très majoritairement les femmes. C’est vrai. Mais ce serait une erreur de s’arrêter là, parce que toutes les femmes ne subissent pas cette pyramide de la même façon, avec le même poids, au même endroit.
C’est ce que la notion d’intersectionnalité (développée par la juriste Kimberlé Crenshaw dès 1989) permet de voir : les discriminations et les violences ne s’additionnent pas simplement, elles se croisent et se renforcent. Une femme racisée, une femme en situation de handicap, une femme LGBTQIA+ n’est pas exposée « deux fois plus » aux violences. Elle est exposée à des formes spécifiques de violence, qui naissent précisément de l’intersection de ces identités.
Quelques chiffres pour mesurer cette réalité.
Les femmes sont les premières victimes des actes islamophobes : selon le rapport annuel du Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE, 2023), 81,5 % des signalements islamophobes en France concernaient des femmes. Le genre s’ajoute à la religion pour concentrer les agressions, les remarques, les mises à l’écart professionnel, dans une logique de double discrimination.
Selon l’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir (FDFA), relayée par le Parlement européen dès 2007, près de 80 % des femmes en situation de handicap subissent des violences ou maltraitances de tout type. Les données DREES (2020) confirment cette surexposition : les femmes handicapées sont deux fois plus nombreuses à avoir subi des violences sexuelles que les femmes sans handicap. La dépendance, qu’elle soit physique, administrative ou affective, crée des vulnérabilités supplémentaires que les auteurs et autrices de violence exploitent.
Les femmes trans sont exposées à des violences à la fois sexistes et transphobes, souvent décuplées dans les environnements professionnels où leur identité est connue ou visible.
Prenons Nadia. Elle a 34 ans, elle travaille dans une PME du secteur logistique. Elle est racisée, de confession musulmane. Dans son équipe, elle subit régulièrement des remarques sur ses origines supposées (« t’as de la famille là-bas ? »), on ne lui confie jamais les dossiers visibles, et lors du dernier pot de départ, un collègue a fait une blague sur les femmes et la cuisine devant tout le monde, en parlant d’elle. Chacune de ces situations, prise isolément, pourrait être minimisée. Ensemble, elles dessinent une pyramide qui s’applique à elle avec une intensité particulière, au croisement du sexisme et du racisme.
Parler de violences sexistes et sexuelles au travail sans parler d’intersectionnalité, c’est risquer de concevoir des réponses qui ne protègent que les femmes les plus proches de la soit-disant « norme » (blanche, valide, hétérosexuelle, cisgenre). Ce n’est pas suffisant. Une politique de prévention efficace doit tenir compte de la diversité des expériences vécues.
Pourquoi on ne voit pas (ou on ne veut pas voir)
Si la pyramide des violences est un système aussi bien huilé, c’est aussi parce qu’il dispose d’un allié de taille : la banalisation. Et cette banalisation, elle commence par les mots.
Des mots qui minimisent
Le langage est un révélateur. Quand les médias, les témoins ou même les institutions parlent de violences sexistes et sexuelles, les mots choisis ne sont pas neutres. Ils disent quelque chose de ce qu’on est prêt·e à reconnaître (ou pas) comme une violence réelle.
Quelques exemples qu’on croise encore régulièrement :
- « Gestes déplacés » = agression sexuelle.
- « Comportements inappropriés » = violences sexistes ou sexuelles.
- « Attouchements » = agression sexuelle.
- « Abus sexuels » = agression sexuelle ou viol sur mineur·e.
- « Propos limites » = harcèlement sexuel.
Ces formulations ne sont pas des nuances : elles effacent la réalité juridique et la gravité de ce qui s’est passé. Elles entretiennent le flou. Et dans ce flou, les victimes doutent d’elles-mêmes, les témoins hésitent à réagir, et les auteurs et autrices de violences trouvent un espace pour se justifier.
L’inversion de la culpabilité
Un autre mécanisme très répandu, particulièrement dans les situations de harcèlement : l’inversion de la culpabilité.
L’auteur ou l’autrice des faits reporte la responsabilité de ses actes sur la victime.
- « C’est elle qui me provoque. »
- « Elle n’aurait pas dû s’habiller comme ça. »
- « Elle exagère, elle n’a pas d’humour. »
- « C’est toi qui me mets dans cet état. »
Ce mécanisme est doublement redoutable. Il fait peser sur la victime la charge de comprendre, de s’adapter, d’apaiser. Et il rend l’entourage complice sans qu’il s’en rende compte : quand on répond « il est comme ça, tu sais » ou « fais pas ta prude », on valide l’inversion. On dit implicitement que le problème, c’est la réaction, pas l’acte.
« Elle ne dit rien, donc ça va »
Dernier mécanisme de banalisation à déconstruire : l’idée que si la victime n’a pas réagi, c’est qu’il n’y avait pas de problème. Cette croyance est profondément ancrée dans la culture populaire (l’adage « qui ne dit mot consent » en est l’expression la plus répandue). Elle est fausse, et dangereuse.
La neurobiologie l’explique clairement. Face à une situation de violence ou de menace, le cerveau peut provoquer une réaction de sidération : une forme d’anesthésie psychique qui paralyse toute réaction. Ce n’est pas du consentement passif. C’est une réaction de protection involontaire. Cette vidéo produite par Arte, que j’utilise systématiquement en formation, l’illustre de façon particulièrement frappante.
C’est aussi pour ça que 70 % des femmes ayant subi du harcèlement sexuel au travail en ont parlé à quelqu’un (enquête du Défenseur des droits, 2014). Elles ne se taisent pas. Simplement, on ne les entend pas (ou on leur répond que ce n’est pas si grave).
Saper la base : agir concrètement face aux comportements sexistes
Comprendre la pyramide, c’est bien. Savoir quoi faire quand on se trouve face à un comportement sexiste, c’est mieux.
Mais avant d’aller plus loin, un cadrage important : faire face aux violences sexistes et sexuelles ne devrait pas reposer sur les épaules des personnes qui les subissent. C’est une responsabilité collective, organisationnelle, et pour partie légale. Ce qui suit s’adresse donc à tout le monde : les personnes ciblées, bien sûr, mais aussi et surtout les témoins et l’encadrement.
En tant que témoin : la méthode des 5 D
Le principal obstacle à l’intervention des témoins, c’est l’effet témoin : plus on est nombreuses et nombreux à assister à une situation problématique, moins chacun·e se sent responsable d’agir. On attend que l’autre réagisse. Résultat : personne ne réagit. Et l’auteur ou l’autrice du comportement reçoit un signal implicite de validation.
Il y a une réalité que les données confirment : dans les environnements de travail, ce sont souvent les personnes les mieux installées dans la hiérarchie qui ont le plus de pouvoir pour faire changer un climat. Pas parce qu’elles sont responsables de ce qui s’est passé, mais parce qu’elles peuvent intervenir sans risquer grand-chose. Un mot d’un manager qui recadre une blague pèse infiniment plus qu’un silence gêné. Ce n’est pas une accusation. C’est une opportunité.
La méthode des 5 D, développée par l’ONG Right To Be et relayée en France notamment par la Fondation des Femmes, est un outil simple pour casser ce mécanisme. Elle s’applique aussi bien dans la rue qu’en réunion, dans les couloirs ou à la machine à café.
Distraire : intervenir indirectement pour désamorcer la situation sans confrontation directe. Interpeller la personne ciblée sur un autre sujet, créer une diversion. Exemple : une collègue subit des commentaires déplacés lors d’un repas d’équipe. Vous lui demandez de venir vous voir sur un dossier urgent, ou vous relancez la conversation sur un tout autre sujet.
Déléguer : si vous ne vous sentez pas de gérer seul·e, faites appel à quelqu’un d’autre. Un·e collègue, un·e manager, un·e référent·e harcèlement. L’important, c’est que quelqu’un agisse. « Je viens d’assister à telle situation, est-ce que tu veux bien intervenir ? »
Documenter : si vous êtes témoin d’un fait qui pourrait constituer une infraction, notez les éléments factuels (date, lieu, personnes présentes, propos exacts). Si vous n’avez pas d’autre moyen de prouver les faits, filmer ou enregistrer peut être nécessaire : une vidéo captée peut être recevable comme preuve auprès de la hiérarchie ou devant un tribunal. En revanche, la diffusion publique de ces enregistrements est à proscrire.
Diriger : selon la situation et sans vous mettre en danger, vous pouvez intervenir directement auprès de l’auteur·ice du comportement pour lui signifier que ce qu’il ou elle fait ou dit n’est pas acceptable. « Non, ce genre de blague/comportement n’a pas sa place ici ».
Dialoguer : une fois la situation apaisée, aller vers la personne ciblée. Lui dire qu’elle n’est pas seule. Lui demander si elle a besoin de quelque chose. Sans la brusquer, sans la forcer à raconter. Juste être présent·e.
Vous pouvez d’ailleurs suivre une sensibilisation en ligne, courte et gratuite sur la méthode des 5 D grâce à la Fondation des Femmes, qui s’est associée à Right to be avec le financement de L’Oréal, via le programme StandUp.
En tant que personne ciblée : quelques phrases pour poser une limite
Ce qui suit ne constitue pas des scripts à réciter, mais des points de départ à s’approprier. L’objectif n’est pas de convaincre, ni de débattre. Il s’agit de nommer ce qui se passe et de signifier que ce n’est pas acceptable.
Face à une blague sexiste : « Ce genre d’humour crée un climat que je ne trouve pas acceptable ici. »
Face à une minimisation : « Ce que tu décris a un nom juridique : c’est un agissement sexiste. »
Face au « c’est juste une blague » : « Je ne doute pas de ton intention. Mais l’impact, lui, est réel. »
Face à l’injonction au silence : « Je comprends que ça mette mal à l’aise. C’est justement pour ça qu’on en parle. »
Pour poser une limite fermement : « Je ne vais pas répondre à ça. On passe à autre chose. »
Pour nommer le mécanisme : « Là, tu reportes la responsabilité. Ce n’est pas acceptable. Tu es seul·e responsable de tes actes »
Ces phrases ont en commun de ne pas chercher à gagner un débat. Elles posent un fait, une limite, et elles s’arrêtent là. C’est leur force.
Et si la prévention commençait par votre prochaine réunion ? Le passage de la théorie à l’action collective
Revenons à l’idée reçue du départ : « Les vraies violences, c’est le viol, les coups. Pas une blague un peu potache. »
On a vu ce que cette phrase efface. Elle efface la réalité d’un système dans lequel chaque blague tolérée, chaque remarque passée sous silence, chaque inversion de culpabilité validée construit le terrain sur lequel les violences les plus graves deviennent possibles. Elle efface aussi la réalité de millions de personnes qui traversent cette pyramide au quotidien, parfois à plusieurs niveaux à la fois.
Les violences sexistes et sexuelles au travail ne commencent pas au viol. Elles commencent quand on laisse passer des soi-disant blagues ou des remarques perçues comme anodines. Et elles s’arrêtent quand suffisamment de personnes, dans suffisamment d’espaces, décident de ne plus laisser passer.
Ce n’est pas une utopie. C’est un choix qui se fait, concrètement, dans une réunion, lors d’un repas d’équipe, face à une blague qui ne passe pas. Un comportement repéré, nommé, non toléré. C’est ça, une politique de tolérance zéro : pas un slogan affiché dans les couloirs, mais une posture collective, incarnée au quotidien par chaque personne qui décide de ne plus laisser passer. Un signal envoyé à toute l’équipe : ici, les règles s’appliquent.
Si vous souhaitez aller plus loin, former vos équipes ou mettre en place une démarche de prévention dans votre organisation, découvrez mes formations et accompagnements ou prenez contact directement. Je serai ravie d’en discuter avec vous.






